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MUSIQUE DE FILMS


MAURICE JAUBERT, PORTRAIT DU COMPOSITEUR DE MUSIQUE DE FILMS

Au départ, Maurice Jaubert se destine à une carrière juridique, mais alors âgé de 20 ans, il croise sur sa route Albert Groz qui l’aide à parfaire ses connaissances musicales tout d’abord à Nice, puis à Paris, où Jaubert s’installe à partir de 1923...


MAURICE JAUBERT, UN COMPOSITEUR RIGOUREUX ET INVENTIF

Maurice Jaubert (1900/1940) est un musicien « français » en ce sens qu’il dissipe l’écran de fumée de la musique gracile et galante, et retrouve le chemin rigoureux, inventif et architectural de la polyphonie ancienne, telle que l’ont illustrée de Machaut, Lassus et Janequin. Ce rapprochement n’est pas arbitraire dans la mesure où l’on découvre chez Jaubert une verve communicative et un ton d’improvisation qui rappelle singulièrement le caractère original des chansons de Janequin.

Une musique qui plonge ses racines dans des sources aussi lointaines amènerait à taxer son auteur d’archaïsme, sinon de traditionalisme. Mais sur ce point, il me semble que Maurice Jaubert donne un exact prolongement de cette définition de Paul Eluard : « La tradition est avant tout invention et découverte » écrit justement François Porcile à propos de Maurice Jaubert (1).

Tout en travaillant à des compositions personnelles, Jaubert rencontre Arthur Honegger auprès duquel il va se mêler aux divers mouvements musicaux français. En 1929, il compose sa première partition pour l’écran : Le mensonge de Nina Petrovna, de Hans Schwarz. Dès lors, Maurice Jaubert s’orientera vers une véritable invention de la musique de film.

Maurice Jaubert saura se créer des collaborations privilégiées, notamment avec Jean Vigo. Maurice Jaubert sera également le témoin attentif de la vie musicale française. Il est un des rares musiciens de cinéma à avoir su conserver son intégrité musicale face aux exigences naissantes de l’art cinématographique.

En luttant contre les dramatisations excessives, Jaubert, contrairement à certains de ses confrères, ne produira pas d’œuvres parallèles. Sa musique reste une et indivisible, qu’elle soit destinée à l’écran ou au concert. La meilleure preuve de la pérennité de sa musique : certaines réutilisées par François Porcile et Patrick Mestral pour des films de François Truffaut (Adèle H, L’argent de poche, L’homme qui aimait les femmes, La chambre verte).

(1) Maurice Jaubert, musicien populaire ou maudit ? – François Porcille


QUELQUES MUSIQUES DE FILMS

  • Ostende, reine des plages (Henri Storck – 1930)
  • Quatorze juillet (René Clair –1932)
  • Mayerling (Anatole Litvak – 1936)
  • Drôle de drame (Marcel Carné – 1937)
  • Carnet de bal (Julien Duvivier – 1937)
  • Quai des brumes (Marcel Carné – 1938)
  • Hôtel du Nord (Marcel Carné –1939)

À CONSULTER

CONCERT INÉDIT MAURICE JAUBERT

(source : Des compositeurs pour l'image - A. Lacombe)


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