MUSIQUE & SOCIÉTÉ.


LES CHANTEURS ET CHANTEUSES DISPARUS EN 2019

L’année 2019 a vu disparaître quelques grands noms de la chanson française et internationale. Voici un résumé de leur respective carrière…


ILS NOUS ONT QUITTÉS EN 2019

ALAIN BARRIÈRE (1935 – 2019)


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Trois chansons à succès définissent le profil artistique du chanteur Alain Barrière : Elle était si jolie (1962), Ma vie (1964) et Tu t’en vas (1974). La première correspond à son premier succès, la seconde confirme ses qualités d’auteur-compositeur et la troisième, chantée en duo avec Noëlle Cordier, son éternel penchant pour les chansons sentimentales. L’élan de cette reconnaissance chèrement acquise sera malheureusement détruit par un rêve coûteux (la création d’un complexe restauration et discothèque en 1975) pour lequel des poursuites financières seront lancées en son encontre durant plusieurs années. Après de nombreux exils, d’abord aux États-Unis puis au Canada, le chanteur tentera un come-back dans la chanson sur le sol français à plusieurs reprises, en 1990 sans réel succès, puis en 2005 avec plus de bonheur. EN SAVOIR +


DORIS DAY (1922 – 2019)

Prototype des carrières à l’américaine aux ambitions multiples, avec dans son cas la chanson, le cinéma et la télévision, Doris Day pratiquera ses activités de chanteuse et d’actrice en parallèle. De 1948 à 1968, elle tournera dans plus de quarante films pour Warner Bros et enregistrera plusieurs albums avec Columbia Records. Sa voix sensuelle s’accordait aussi bien à la ballade jazzy qu’à des chansons flirtant avec le rock’n’roll. Si on retient de ses passages sur grand écran les films La femme aux chimères (1950), Calamity Jane (1953), L’homme qui en savait trop (1956) et Confidences sur l’oreiller (1960) pour lequel elle obtient l’Oscar de la meilleure actrice, sa carrière dans la chanson ne déméritera pas en popularisant plusieurs mélodies dont Bewitched, Bothered, Bewildered, If I Give My Heart to You, Love Somebody, My Dreams Are Getting Better All The Time, Secret Love, Sentimental Journey et l’inoubliable Que sera, sera, issue du film L'Homme qui en savait trop d'Alfred Hitchcock, qui obtiendra l'Oscar de la meilleure chanson originale.


JOAO GILBERTO (1931 – 2019)

Son nom est associé à la musique bossa nova pour laquelle le chanteur et guitariste brésilien a accordé tout son talent et son énergie à la populariser. Si l’on devait retenir deux ou trois chansons, la première de toutes serait A Garota de Ipanema (The Girl From Ipanema) en 1964, accompagné du saxophoniste de jazz Stan Getz. Cette mélodie a fait le tour du monde en étant reprises par tout le gratin de la chanson internationale et du jazz, de Nat King Cole à Frank Sinatra en passant par Ella Fitzgerald, entre autres. Citons aussi les interprétations de Corcovado, Besame Mucho et parmi ses rares créations, les chansons Bim Bom, Chega de Saudade, Minha Saudate et Valsa. Dans les années 70 la grande mode de la bossa nova s’éteint même si le genre perdure sous d’autres latitudes. Dès lors Joao Gilberto apparaîtra par épisodes, donnant parfois le change à ses amis d'hier et d'aujourd'hui : Stan Getz, Gilberto Gil, Caetano Veloso et Maria Bethânia.


MARIE LAFORËT (1939 – 2019)

Marie Laforêt démarre sa carrière très jeune dans le cinéma. À 21 ans, le film Plein Soleil (1960) qu’elle tourne en compagnie d’Alain Delon et de Maurice Ronet, révèle au public son talent d'actrice et sa fine silhouette. Rapidement sa voix s’impose aussi dans la chanson, ce qui lui permet de mener de front les deux carrières. Marie Laforêt remportera dans la chanson des années 60 et 70 un grand nombre de succès. Citons : Les vendanges de l’amour, Mon amour, mon ami, Viens, viens ou encore Que color la vida et Il a neigé sur Yesterday en hommage aux Beatles. Aux chansons légères, Marie Laforêt tentera de construire un autre répertoire mêlant musiques pop et rythmes brésiliens, mais ne donnera pas suite. En 1977, elle abandonne momentanément la chanson. Elle part en Suisse et ouvre une galerie d’art. Sans abandonner le cinéma, sa carrière dans la chanson survivra par épisode mais sans retrouver la popularité des débuts. À la fin des années 90 la comédienne orientera sa carrière artistique essentiellement en direction du théâtre où ses rôles, comme Maria Callas en 1999, recevront la faveur du public. EN SAVOIR +


MICHEL LEGRAND (1932 – 2019)

Ce pianiste de jazz, chanteur compositeur et arrangeur, aura consacré une grande partie de sa carrière au 7e art. C’est en effet dans ce domaine que son nom devient populaire dès les années 60 en signant quelques musiques de films et comédies musicales devenues aujourd’hui célèbres : Les Parapluies de Cherbourg (1964), Les Demoiselles de Rochefort (1967), L'Affaire Thomas Crown (1968), puis dans les années qui suivront : Peau d'âne (1970) Un été 42 (1971) et Yentl (1983). Artiste de carrure internationale, Michel Legrand n’abandonnera jamais sa passion première, la musique de jazz, ni les rencontres au sommet avec des amis artistes qui répondront présent à l'appel : Frank Sinatra, Ray Charles, Miles DavisEN SAVOIR +


JESSYE NORMAN (1945 – 2019)

Sa personnalité, non dénuée d’humour, tranchait avec l’attitude généralement hautaine accordée aux Divas. Chanteuse lyrique d'exception, Jessye Norman possédait une puissante voix de soprano dramatique qui la destinait à s’imposer naturellement dans l'Opéra, notamment dans le répertoire des musiques allemandes (Wagner) et françaises (Berlioz) du 19e et 20e siècles. Mais au début des années 80, Jessye cherche à abandonner le plus souvent sa stature de chanteuse d’Opéra et de ses rôles imposés pour s’adonner aux concerts, un milieu où elle se sent beaucoup plus libre ; une orientation qui lui sera favorable et qui lui permettra de rencontrer un public plus éclectique et plus avenant, comme ce fameux soir de 1986 à Salzbourg où la chanteuse recueillera des ovations interminables durant 55 minutes. Un record ! Cette grandeur populaire suscitera sa présence à l’occasion d’évènements majeurs. C’est ainsi qu’en 1989, à l’occasion des cérémonies du bicentenaire de la Révolution française, Jessye Norman sera invité à chanter la Marseillaise sur la place de la Concorde à Paris. EN SAVOIR +


DICK RIVERS (1946 – 2019)

L’homme se passionna très tôt pour la musique venue des États-Unis, le rock’n’roll. Elvis Presley est alors l’une de ses idoles. En 1961, il fonde Les Chats Sauvages d’où s’échappent plusieurs titres : Est-ce que tu le sais (reprise de What’d I Say de Ray Charles), Twist à Saint-Tropez et C’est pas sérieux. Cette aventure durera deux ans avant qu’il ne se lance dans une carrière solo. Dick Rivers représente à ce moment-là, aux côtés d’Eddy Mitchell et de Johnny Hallyday, l’image d’un rock’n’roll à la française. Malheureusement, au cours de ses 55 ans de carrière et des 33 albums studio enregistrés, Dick Rivers restera le mal aimé du rock français, n’ayant peut-être pas su comme ses complices d’hier s’adapter aux modes du moment ou, à défaut, s’y contraindre… et ce malgré quelques réussites qu’il est bon de souligner : les chansons écrites par Alain Bashung au cours des années 70, les excursions dans les « american songs » et les autres succès propres à la musique country-rock. Citons parmi ses autres tentatives l’album Vivre comme ça en 1998, au ton plus personnel, avec des chansons écrites par David Mc Neil, Marc Morgan et André Manoukian. EN SAVOIR +


N’OUBLIONS PAS NON PLUS…


Johnny Clegg (1953 – 2019) : Traversant une enfance difficile, Johnny Clegg sera surnommé le « zoulou blanc » en raison de son association avec l’une des branches bantoue et de ses fréquentations zoulous. Johnny Clegg titrera une grand partie de son succès par sa position contre l’apartheid qui sévit en Afrique du Sud et par sa défense inconditionnelle d’une culture africaine. Avec l’aide de son ami Sipho Mchunu, Johnny Clegg crée un concept musical basé sur un mélange de paroles anglaises, de mélodies occidentales associées à la musique zoulou. En 1987, la chanson Asimbonanga, dédiée à Nelson Mandala – encore prisonnier - porte la parole de Clegg à un niveau international et lui ouvre les portes de la gloire en Europe et aux États-Unis. Sa lutte pour la défense de l’opprimé et la ségrégation ne cessera d’être présente dans ses différents albums.


Nilda Fernández (1957 – 2019) : Après quelques tentatives malheureuses avec le groupe Les reflets, Nilda Fernandez se lance dans une carrière solo avec l'enregistrement d'un premier album en 1981. Disposant d’un grain de voix atypique et malgré une certaine personnalité qui contraste avec le paysage musical de l'époque, le chanteur est obligé de partager sa route entre enseignement occasionnel et petites tournées. Il lui faudra attendre 10 ans pour qu'enfin la roue tourne. En 1991, il signe un second album intitulé Nilda Fernandez d'où s'échappera la chanson Nos fiançailles et l'année suivante une Victoire de la musique comme « meilleur espoir masculin ». La suite de sa carrière sera en demi-teinte, malgré les nombreux efforts consentis pour revenir sur le devant de la scène.


Dr. John (1941 – 2019) : Surnommé pendant longtemps « the Night Tripper », cet ancien musicien de studio devient au cours des années 60 un pianiste de blues légendaire à La Nouvelle-Orléans. Également guitariste et chanteur, son œuvre couvre une vaste étendue de musique : blues, boogie-woogie, rock'n'roll, musique canadienne et zydeco. Petit à petit il crée un style unique qu'il baptisera « Voodoo Rock », un drôle de mariage sonore qui cherche à concilier la musique des îles et celle de La Nouvelle-Orléans à une forme avancée du rock psychédélique ! Au milieu des années 70, il tombe dans l'oubli. Néanmoins, sa carrière sera récompensé par plusieurs Grammy Awards. Citons comme titres représentatifs : Babylon, The Sun, Moon and Herbs et Hollywood Be Thy Name.


Nancy Holloway (1932 – 2019) : Cette chanteuse américaine branchée jazz et soul est devenue populaire en France dans les années 1960 quand la vague yéyé a déferlé. Parisienne d’adoption depuis cette époque, son plus grand succès est T'en va pas comme ça, reprise en français de la chanson Don't Make Me Over chantée par Dionne Warwick. Citons aussi : Tu n'es pas venu ou Sand and Rain au succès moins retentissant. En 2006, elle fera un retour inattendu mais remarqué en participant à la tournée "Âge tendre et Têtes de bois".


James Ingram (1952 – 2019) : Chanteur, compositeur et producteur de musique, James Ingram est l’une des figures importantes du R’n’B et de la Soul des années 1980. Il est surtout connu pour son travail auprès de Quincy Jones en tant qu’interprète pour son album The Dude (1981), puis comme auteur en co-écrivant à l’intention de Michael Jackson le titre Pretty Young Thing de l’album Thriller (1983). Ses deux plus grands succès demeurent Yah Mo B There en 1983 et Baby Come to Me en 1991. James Ingram sera l’un des nombreux artistes à être invité à chanter sur la chanson caritative We are the World.


Anna Karina (1940 – 2019) : Elle fut la muse du cinéaste Jean-Luc Godard à travers des films comme Bande à part et Pierrot le fou… et l’une des rencontres féminines du compositeur Serge Gainsbourg. Ses multiples activités artistiques : mannequin, actrice, chanteuse et écrivaine décrivent un parcours des plus atypiques dans la France des années 60. À la façon de Marie Laforêt, c’est le cinéma qui conduit ses pas dans la chanson (La chanson d’Angela en 1961). Sa carrière cinématographique est alors abondante et se poursuivra au même rythme durant une trentaine d’années. Sa rencontre avec Gainsbourg lui permettra de franchir un autre échelon dans la chanson, notamment grâce au titre Sous le soleil exactement en 1967. En 1999, elle renoue avec les rimes mais cette fois-ci à travers un album signé Philippe Katherine, Une histoire d’amour. L'une de ses dernières apparitions sur scène s'est déroulée au Printemps de Bourges 2006 pour un concert rendant hommage à Serge Gainsbourg.


Éric Morena (1951 – 2019) : Issu d'un conservatoire d'art lyrique, ce chanteur destiné à se produire dans les opérettes rencontrera son plus gros succès dans un autre domaine, celui de la chanson avec Oh ! Mon bateau en 1987 ; une chanson parodique dans l’esprit de Louis Mariano. Par la suite il tentera à plusieurs reprises, mais sans succès, de donner suite à ce tube qu'il considérait être le produit d’une tartuferie. Ne quittant pas le registre de l’humour ni de la parodie, il publiera en 1996 un album en hommage à l’un de ses mentors de jeunesse Dario Moreno, Si tu vas à Dario.


Fred Mella (1924 – 2019) : Il était resté le dernier survivant des Compagnons de la chanson ; groupe vocal français qui régna sur les scènes françaises de 1941 à 1985. Chez les « Compagnons », il était le chanteur soliste. Sa belle voix de ténor aurait pu certainement se complaire dans d’autres registres comme l’opérette, mais l’aventure sans interruption de cette « chorale masculine » en décidera autrement. Après la dissolution du groupe vocal, Fred Mella poursuivra une modeste carrière solo sans oublier celle qui fut la rencontre décisive de son départ de carrière, Édith Piaf.


Mick Micheyl (1922 – 2019) : De son passage dans la chanson française, on retient surtout son interprétation d'Un gamin de Paris en 1951, chanson qui sera reprise entre autres par Patachou et Yves Montand. Commençant sa carrière dans le théâtre au cours des années 40, Mick Micheyl est vite gagné par le virus des ritournelles jusqu’à devenir une des principales vedettes de la scène française d'après-guerre. À la fin des années 60, l'ancienne meneuse de revue du Casino de Paris quitte la chanson pour devenir une productrice d’émissions de variétés à la télévision, avant de tout lâcher en 1974 et s'orienter vers la sculpture où, en quelques années, elle deviendra une artiste au fort potentiel créatif.


Leon Redbone (1949 – 2019) : Chanteur et guitariste canadien de jazz, Leon Redbone se fera connaître en enregistrant quelques disques dans la veine jazz des années 1920. Sa musique, traversée de part en part par un mélange de vieux blues, de ragtime mais aussi de country et de folk, faisait renaître sous sa plume et ses interprétations quelques airs oubliés et autres raretés.


Anne Vanderlove (1943 – 2019) : Surnommée la Joan Baez française pour la poésie de ses textes et son engagement, la chanteuse d'origine néerlandaise avait connu son plus gros succès en 1967 avec Ballade en novembre, mais aussi en travaillant avec l’inclassable Gérard Manset, prêtant sa voix à son œuvre ambitieuse La mort d’Orion en 1971. La chanteuse se fera remarquer par ses attitudes engagées, n'hésitant pas à se produire dans les usines en grève lors des évènements de mai 68.

Par Elian Jougla (Cadence Info - 12/2019)


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